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Face à l’ampleur du défi climatique et à la dégradation du bâti scolaire, l’Alliance écologique et sociale (AES) appelle à un véritable plan Marshall pour les écoles. Son rapport, publié à la rentrée 2025, chiffre précisément les besoins : cinq milliards d’euros par an pendant dix ans seraient nécessaires pour rénover, isoler et adapter les établissements scolaires français aux nouvelles réalités climatiques.
L’AES, qui regroupe syndicats d’enseignants, associations écologistes et ONG (FSU, CGT, Attac, Greenpeace, Oxfam…), dresse un tableau alarmant : plus de 80 % des écoles datent d’avant 1975, sans isolation adaptée ni ventilation efficace. À chaque épisode de chaleur extrême, les mêmes scènes se répètent : salles surchauffées, cours de récréation brûlantes, élèves épuisés, examens déplacés. L’été 2025, avec ses 2 200 écoles fermées lors de la canicule, a agi comme un électrochoc. Pour l’AES, il n’est plus question de rafistolage, mais d’un plan national structuré et chiffré.
L’organisation estime qu’un investissement de cinq milliards d’euros par an permettrait d’engager une rénovation massive du parc scolaire sur dix ans. Ce budget inclurait l’isolation thermique, la végétalisation des cours, la gestion de l’air intérieur et la suppression des matériaux dangereux comme l’amiante. À terme, cela créerait également des emplois locaux dans le bâtiment et la transition énergétique, tout en réduisant la facture énergétique des collectivités.
Aujourd’hui, le financement repose quasi exclusivement sur les collectivités territoriales, déjà contraintes par des budgets serrés. Le Fonds vert, censé soutenir ces projets, a vu ses crédits baisser de 55 % en 2025. Les mairies et départements, pris entre dettes et dépenses courantes, peinent à lancer des chantiers d’envergure. L’AES propose donc de repenser la répartition budgétaire : taxer davantage les activités polluantes, supprimer les dépenses défavorables à l’environnement et réorienter ces fonds vers la rénovation éducative.
Cette demande s’inscrit dans une logique simple : placer l’école au cœur de la transition écologique. Pour les signataires du rapport, rénover les établissements scolaires, c’est protéger les enfants, soutenir les territoires et préparer l’avenir. Dix ans, cinq milliards par an : une somme considérable, certes, mais dérisoire face au coût de l’inaction.